Mardi 7 et mercredi 8 juillet, en fin de journée, la ligne H a connu une succession d'incidents qui ont fortement perturbé vos trajets du soir. Nous souhaitons revenir sur ces événements.
Mardi 7 juillet
Feu de talus entre Écouen-Ézanville et Domont
Vers 16h30, un incendie se déclare sur le talus en bordure de voie, entre les gares d’Écouen-Ézanville et Domont. Les pompiers sont sur place rapidement et commencent à intervenir. Très vite, les équipes de régulation du trafic ferroviaire demandent à tous les conducteurs de la zone de stationner à quai jusqu’à nouvel avis. En effet, le feu menace des habitations à proximité, les pompiers vont devoir engager de plus gros moyens et des lances à incendie puissantes avec arrosage en hauteur, incompatibles avec le maintien de l’électricité dans les caténaires (câbles qui alimentent les trains). Ces installations fonctionnent à 25 000 volts et représentent un danger d’électrocution pour les pompiers en cas d’aspersion par les lances à incendie.
À 16h45, tous les trains sont à quai, SNCF Réseau peut couper l’alimentation électrique. Plus aucun train ne circule entre Épinay-Villetaneuse et Persan-Beaumont (via Montsoult), ni vers Luzarches.
Les pompiers maîtrisent l’incendie vers 18h. Près de 5 hectares de champs et talus ont brûlé, mais les habitations sont épargnées. L’alimentation électrique est rétablie et les trains sont autorisés à circuler à nouveau à 18h10. Au total, 31 trains sont impactés et environ 9 243 voyageurs retardés.
Passage à niveau bloqué à Méry-sur-Oise
À 17h30, un automobiliste percute la barrière du passage à niveau n°22 à Méry-sur-Oise. Ce type de collision, même sans dommage visible, déclenche automatiquement une procédure de sécurité : le passage à niveau est considéré comme défaillant, et les trains ne peuvent plus franchir la zone tant que la vérification par les agents de SNCF Réseau n’est pas terminée.
Rappel important : quand un automobiliste ne respecte pas le code de la route en forçant le passage alors que les barrières sont en train de se baisser, ou déjà baissées, ce sont des milliers de voyageurs qui en subissent les conséquences.
À 19h00, l’intervention des agents de SNCF Réseau est terminée et le passage à niveau fonctionne à nouveau normalement. Les circulations reprennent. L’impact se cumule en partie avec celui de l’incendie : 31 trains impactés, environ 9 243 voyageurs retardés.
Barrière arrachée au passage à niveau de Valmondois
À 18h30, un conducteur de train signale que les barrières du passage à niveau n°25 de Valmondois viennent d’être arrachées par un véhicule.
Là encore, c’est le comportement d’un automobiliste qui est à l’origine de la perturbation. Un passage à niveau endommagé impose l’arrêt immédiat de toutes les circulations jusqu’à ce que la zone soit sécurisée.
Une équipe de maintenance de SNCF Réseau est envoyée sur place pour réparer l’installation. La circulation reprend progressivement sur l’ensemble du secteur à partir de 19h40. C’est l’incident le plus lourd de la soirée : 70 trains impactés, environ 21 743 voyageurs retardés.
Mercredi 8 juillet
Dégagement de fumée à hauteur de Saint-Denis
À 15h45, un dégagement de fumée est constaté entre les voies à hauteur de la gare de Saint-Denis. Les circulations sont immédiatement interrompues et les trains mis à quai, le temps d’identifier l’origine du dégagement et de permettre l’intervention des pompiers.
Cette zone est un nœud ferroviaire majeur : les voies de la ligne H y côtoient celles du RER D, des TER et des trains grandes lignes (TGV, Eurostar). Quand le trafic s’arrête, ce sont toutes ces circulations qui sont impactées simultanément. Au total, 135 trains sont perturbés sur l’ensemble des lignes traversant ce secteur.
Les pompiers arrivent à 16h05 en gare de Saint-Denis. L’incendie, de faible ampleur, est maîtrisé à l’aide d’extincteurs. Des agents de SNCF Réseau accompagnent et sécurisent les pompiers dans leurs déplacements sur les voies. À 16h30, l’intervention est terminée et la circulation reprend.
Malgré une durée d’interruption relativement courte (45 minutes), l’impact est massif en raison de la densité de trafic sur ce secteur en début d’heures de pointe : 71 trains de la ligne H impactés et environ 28 750 voyageurs retardés. C’est l’incident le plus lourd de ces deux journées.
Succession d’incidents en gare souterraine de Paris-Nord
À partir de 17h30, la gare souterraine de Paris-Nord (qui accueille les RER B et D) connaît une succession d’incidents en chaîne : un malaise voyageur nécessitant l’arrêt d’un train, une panne d’un RER sur un des quais, puis le déclenchement de plusieurs signaux d’alarme. Sur l’un de ces trains, des voyageurs descendent sur les voies.
Descendre de soi même en dehors d’un quai, sans en avoir reçu l’autorisation par un agent est extrêmement dangereux et provoque systématiquement l’arrêt de toutes les circulations sur le secteur, le temps de s’assurer que personne ne se trouve dans une zone à risque. Un seul geste de ce type peut bloquer des dizaines de milliers de voyageurs.
L’alerte de sécurité déclenchée par ces événements, obligatoire dès qu’il y a une suspiscion de descente de voyageurs sur les voies, est perçue par l’ensemble des trains à proximité, y compris ceux des lignes H et K. Un dysfonctionnement d’un aiguillage vient encore compliquer la situation.
La situation se normalise progressivement vers 20h00. Pour la ligne H, 32 trains sont impactés et environ 9 800 voyageurs retardés.
Pourquoi ça a duré aussi longtemps ?
Sur ces deux journées, la mécanique est la même : un incident initial provoque des effets en cascade qui démultiplient les conséquences.
Quand un incendie se déclare près des voies, les circulations sont interrompues le temps de l’intervention des pompiers. Tant qu’ils n’ont pas donné le feu vert, aucun train ne roule.
Quand une barrière est arrachée ou abimée, il faut envoyer un agent de maintenance de SNCF Réseau physiquement sur place pour réparer les installations. Le temps de trajet de cet agent est incompressible, et c’est d’autant plus compliqué quand une première brigade est déjà engagée sur un autre incident.
Après plus d’une heure d’interruption en pleine heure de pointe, les trains ne sont plus au bon endroit. Alors quand cela arrive sur plusieurs secteurs différents, l’effet est démultiplié. Il faut les repositionner un par un, ce qui provoque des suppressions supplémentaires sur les missions suivantes.
En résumé
Au total, sur ces deux soirées : 5 incidents sur des zones différentes, jusqu’à 70 trains impactés, et plusieurs dizaines de milliers d’entre vous retardés.
Sur les cinq incidents de ces deux soirées, deux sont causés directement par des automobilistes ne respectant pas le code de la route aux passages à niveau.
Les incendies, quant à eux, sont extérieurs à l’exploitation ferroviaire, et la coupure électrique pour l’un d’entre eux est une demande bien légitime des pompiers pour lutter contre les flammes et protéger des habitations. Ce cumul d’événements sur un même créneau horaire démultiplie cependant les conséquences pour vous.
Nos agents en gare, à bord des trains et dans les centres opérationnels ont fait le maximum pour limiter l’impact de ces différents événements. Nous sommes navrés des conséquences de ces incidents sur vos trajets. Nous savons que derrière ces chiffres, il y a des retours tardifs, des correspondances manquées, de la fatigue et de la frustration.


Bonjour,
Ce que je ne comprends pas dans la gestion notamment de mardi, c’est le périmètre d’interruption. La distance entre l’incendie situé entre Domont et Ecouen ne devrait pas stopper jusqu’a Sarcelles Saint Brice…
Bonjour Randy,
Votre interrogation est légitime, le périmètre est effectivement large.
Cela s’explique par des contraintes techniques liées à la manière dont sont historiquement conçues les installations de SNCF Réseau.
– Les périmètres électriques font plusieurs kilomètres. Lorsqu’il faut couper l’alimentation pour que les pompiers interviennent, plus aucun train ne peut circuler sur cette grande zone.
– Lors d’une interruption, le report des trains terminus/origine ne peut se faire que dans une gare équipée d’aiguillages et de plusieurs quais. Sarcelles-Saint-Brice et Monsoult-Maffliers sont les seules gares équipées de la sorte dans le secteur.